
Ali Douffi a choisi de rendre le débat public, en y mettant en cause mes valeurs, je dois aussi rétablir les faits avec clarté et sincérité.
Je respecte le choix d’Ali Douffi. J’ai beaucoup apprécié être élue avec lui, et nous avons progressé ensemble, même si nos chemins politiques s’éloignent. Je lui ai fait confiance, en décidant en 2020 de le placer en numéro 2 sur ma liste municipale, lui, un homme issu de la société civile, enfant des quartiers populaires de Lille, commerçant et entrepreneur reconnu. Je ne souhaite pas terminer les années parcourues avec Ali Douffi par une liste de reproches. Je garde de lui l’image d’un élu local impliqué, qui a contribué à la vitalité de notre collectif militant. L’engagement en politique est trop difficile par les temps qui courent, pour l’abîmer avec des querelles stériles. Mais parce qu’Ali Douffi a choisi de rendre le débat public, en y mettant en cause mes valeurs, je dois aussi rétablir les faits avec clarté et sincérité.
La réalité est donc la suivante : le départ d’Ali Douffi n’est pas un désaccord lié à une ligne politique, puisque cette ligne était connue, posée et assumée depuis le départ. Il est lié à un sujet de positionnement dans la constitution de la liste municipale. J’ai été très claire pour constituer ma liste Faire Respirer Lille en 2026 : contrairement à 2020, il n’y a pas de places réservées. Les places sur la liste ne sont pas négociées entre appareils ou sur la base de quotas partisans.
Or, immédiatement après avoir été désigné « chef de file » pour le parti Horizons pour les municipales, Ali entendait faire valoir une logique de quotas et de hiérarchie de places sur la liste, sans doute principalement pour préserver aussi sa deuxième place. À ces pressions, je n’ai pas cédé. Il a pris la décision de quitter le collectif quelques heures seulement après que je lui ai indiqué qu’il serait 6ème sur ma liste 2026, et que d’autres candidatures de représentants Horizons étaient aussi à considérer, car de qualité.
Les constitutions de listes sont toujours des moments délicats. Elles génèrent parfois des déceptions, de l’amertume, voire des incompréhensions. Je peux l’entendre humainement. Mais il est profondément inexact que des choix aussi importants soient justifiés publiquement par des arguments politiques qui ne correspondent pas à la réalité des faits. Enfin, je note aussi que certains combats invoqués aujourd’hui n’ont pas toujours été portés avec la même constance : Ali s’est par exemple abstenu sur le soutien à Boualem Sansal. Là encore, chacun est libre de ses positions, mais la cohérence mérite d’être regardée dans toutes ses dimensions. Cela démontre aussi qu’au sein de Faire respirer Lille, nous acceptons parfois les dissonances de positionnement, sans immédiatement claquer la porte.
La ligne politique que je défends n’a jamais varié.
Elle est écrite noir sur blanc dans notre programme Faire Respirer Lille, développée dans mon livre “Faire Respirer Lille”, et répétée dans toutes mes expressions publiques : « pour que la voix de chaque Lillois soit entendue et reconnue, nous confierons des responsabilités réelles aux élus d’opposition ». Il n’y a là rien de nouveau, rien de dissimulé, rien de soudain. J’ai d’ailleurs détaillé cette proposition, issue de notre groupe de travail sur la démocratie participative et la gouvernance locale, dans une tribune publiée sur mon site internet à lire ici. Ce que je dis est simple : l’ensemble des élus d’opposition, élus par les lilloises et les lillois bénéficieront des informations et des moyens nécessaires pour accomplir vraiment leur travail d’élu et contrôler l’action de la majorité municipale. C’est une question démocratique. D’ailleurs, ce que je propose existe déjà à l’Assemblée Nationale, où un député d’opposition préside la commission des finances et où plusieurs autres sont vice-présidents. En quoi proposer le poste de président de la Commission des finances à Arnaud Deslandes, ou celui de président de l’observatoire d’éthique de la Ville à Stéphane Baly, serait-il une insulte à la démocratie ? Ce ne le serait pas davantage pour les autres forces politiques élus démocratiquement par les Lillois.
Pour ma part, je garde le cap. Notre cap.
Celui des valeurs, de la sincérité, du respect des électeurs, et de l’engagement humain avant les arrangements de places.
Je continuerai à défendre une démocratie locale adulte, ouverte, exigeante, fidèle à l’ADN de Faire Respirer Lille : gouverner autrement, sans exclusion, sans cynisme, sans compromission, et toujours dans l’intérêt des Lilloises et des Lillois.
