Monsieur le Maire,
La fermeture brutale du Bistrot de Saint-So est un choc pour les Lillois. Ce lieu, qui depuis 17 ans rassemblait jeunes et familles autour de la fête et de la culture, ne peut disparaître ainsi, sans perspective claire et sans dialogue constructif.
Cette situation révèle une nouvelle fois les limites de la méthode municipale avec ses acteurs économiques : incapacité à anticiper les difficultés et à dialoguer, conflits qui s’enlisent, absence de solutions rapides. Après la Halle Gourmande de Fives Cail, après Grand Scène, et bien d’autres, voici désormais le Bistrot de Saint-So… À chaque fois, la Ville agit trop tard.
Je refuse que le Bistrot de Saint-So meure. Je veux faire perdurer ce grand lieu populaire des Lillois, ouvert à tous, transparent et géré avec professionnalisme. Pour cela, une décision forte s’impose : la reprise du lieu par un acteur professionnel des musiques actuelles, en lieu et place d’un gérant de café restaurant.
Cette exigence doit aussi être replacée dans une réflexion plus large : depuis 20 ans, Lille a vu se multiplier les lieux de spectacle vivant – les Maisons Folies, Le Grand Sud… Cette inflation municipale crée une sur-concurrence, qui fragilise les modèles économiques des autres acteurs culturels locaux. Cette politique culturelle éparpillée devient incapable d’assurer la pérennité des projets. Saint-So ne doit pas être une victime de plus de cette stratégie municipale culturelle non concertée et mal maîtrisée.
Je crois profondément que la situation actuelle du Bistrot de Saint-So est le témoignage de l’absence d’adaptabilité économique de la politique de la majorité actuelle : dans un contexte d’inflation record et de mutation des usages, une collectivité responsable aurait dû prévoir des clauses de renégociation pour permettre au concessionnaire de s’ajuster – redevance, offre commerciale, mutualisation d’activités – et ainsi éviter qu’une difficulté conjoncturelle ne devienne une faillite brutale. D’autre part, rappelons la nécessité d’une véritable territorialisation de l’offre : rationaliser les équipements ne doit pas signifier les concentrer au seul centre-ville. Un Lillois de Lille-Sud, d’Hellemmes ou de Bois-Blancs ne doit pas être contraint de traverser toute la ville pour accéder à un lieu convivial ou culturel. La politique culturelle doit donc concilier deux impératifs : garantir des modèles économiques solides et assurer une accessibilité de proximité pour tous les habitants.
Sur la base de tous ces éléments, je vous demande de lancer un plan de reprise en trois temps :
- Urgence (octobre 2025) : maintenir le lieu vivant dans les mois à venir en le mettant à disposition des acteurs culturels et associatifs (répétitions, enregistrements, fêtes populaires) qui sont en attente d’espaces municipaux.
- Court terme (janvier 2026) : confier la gestion transitoire à un acteur reconnu de la scène musicale lilloise, tel que l’Aéronef par exemple. Tout acteur qui possèderait l’expertise nécessaire pour gérer un bar et de la petite restauration, programmer des concerts et équilibrer un modèle économique.
- Moyen terme : repenser le contrat de concession pour faire de Saint-So un lieu pérenne, mêlant concerts pour soutenir les artistes locaux, restauration et bar, et activités gratuites accessibles à tous les publics (familles, seniors, associations).
Il ne s’agit pas d’ajouter un énième projet fragile à une liste déjà trop longue d’échecs. Il s’agit de sauver un lieu qui compte profondément pour les Lillois et de lui redonner un avenir solide et populaire.
Monsieur le Maire, je vous demande d’agir vite et fort : confier la reprise de Saint-So à un professionnel des musiques actuelles, pour qu’il retrouve sa place de cœur dans la vie culturelle et festive de Lille.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de ma considération distinguée.
Violette Spillebout
Présidente du groupe Faire Respirer Lille
La fermeture brutale du Bistrot de Saint-So a marqué un coup d’arrêt pour les Lillois. Ce lieu, bien plus qu’un simple bar, était un repère de convivialité, de fête et de culture, un espace où se croisaient toutes les générations. Sa disparition soulève une question essentielle : comment préserver ces lieux qui font l’âme de notre ville ?
Saint-So mérite un avenir à la hauteur de son histoire. L’enjeu dépasse le simple cadre d’un établissement. Il s’agit de défendre Lille : une ville vivante, solidaire, où les espaces de vie collective ne sont pas sacrifiés par une gestion qui peine à s’adapter aux différents enjeux économiques et administratifs.
Interrogée par BFM Grand Lille, je partage sur X l’intégralité de ma réaction ainsi que mes propositions concernant Saint-So.